Le 2 Décembre 2017 je suis devenue finisher de la SainteLyon 2017 en relais 4.

Une équipe que j’ai formé grâce à BV SPORT qui a offert a moi et 3 autres personnes l’occasion de participer à cet événement sportif, cette course atypique et mythique.

J’ai donc fait comme je l’aime un concours sportif, l’occasion de rencontrer des abonnées en relevant un défi ensemble, un instant plus collégiale que les fameux MeetUp des grandes blogueuses.

Alors pour une fois je lâche ma plume aux autres pour que chacun puisse s’exprimer sur son parcours, son relai, ses ressentis, parce que je pense qu’une même course peut être vécu de 1000 façons, voilà l’occasion pour vous d’avoir 4 ressentis, 4 visions de la SainteLyon, écrit par 4 sportifs différents.

 

 

 

Relais 1 – 16km – Carol-Ann

 

“J’ai beaucoup de chance, déjà d’être là sur cette course assez unique et surtout avec une équipe très sympa qui s’est déjà un peu soudée durant le mois de préparation.

Autre chance celle de prendre le départ et de vivre l’ambiance de cette attente…. un poil longue…!
Je suis arrivée à 23:30 comme convenu sur la convocation et pourtant je suis déjà loin, très loin sur la ligne….. je ne pars qu’a 00:20 dans la dernière vague! Ca reste un gros bémol surtout avec le froid…. mais bon!

Les 7 premiers kms sont sur route pour sortir de St Etienne, très peu intéressant vraiment! Et je vois deux stratégies déjà de coureurs ; ceux qui partent vite sûrement pour en finir rapidement avec cette portion assez bof mais roulante et les autres qui prennent déjà le temps de marcher! Je me rends compte de ce qui les attends et je me dit qu’ils sont fous!

Je me sent bien ni plus ni moins sur cette partie j’ai aimé bof mais c’est quand même passé assez vite vu qu’il y avait toujours du monde autour 🙂

Quand j’ai entendu  » à gauche le chemin » j’étais quand même super heureuse! J’étais la pour ça je n’attendais que ça et pour moi ma course commençait là!

On m’avait promis que les files de lumières dans la montagne seraient magnifique c’est le cas! J’oublie pas de lever le nez et de regarder en haut et en bas pour admirer un peu!

Sur le première km de sentier je suis un peu frustrée car ça bouchonne alors que je suis sur excitée et que j’aimerais courir!

Ça commence à monter et ca n’arrête plus vraiment en fait…..

Le 10eme km est vraiment difficile ! Il monte fort, sans discontinuer, au milieu des bois assez épais, je mets 16 minutes à le grimper!

Mais le paysage est beau et surtout les trailleurs sont sympa, toujours un petit ca va un petit courage un petit mot!

Arrivée en haut la neige est vraiment plus que présente et ça glisse un peu ce qui me fatigue pas mal et m’empêche de courir  » correctement » là ou je pourrais…..En effet après plusieurs glissades n’ayant heureusement pas conduit a une chute mon enthousiasme à courir c’est estomper….En tout cas un petit shot d’adrénaline ca réchauffe bien !!.Beaucoup de coureur commencent à chausser des crampons, moi j’adopte la technique du côté du sentier là ou il y a encore de la neige poudreuse qui accroche un peu mais faut se rendre à l’évidence l’état du sol nous ralentit tous un peu….:)

Mais encore une fois peu importe le paysage est beau je suis heureuse d’être là et au final ça passe très très vite!!

Je rejoins Yasmine et Yoann après 2h36 de course qui sont passer très rapidement et sur lesquels j’ai kiffer a fond!”

 

 

 

Relai 2 – 12km – ElyKilleuse

“A mon tour, on rejoint le relais 2 avec Yoann, je tourne en rond dans la tente chauffée, je trépigne d’impatience plus que de froid. On avait assez bien calculé notre coup avec Carol-Ann et on ne l’attends presque pas qu’elle est déjà là.

On check que tout va bien, j’enfile la puce de relai et je pars, c’est à mon tour.

Ça commence par une côte sur route, je marche pour m’échauffer, je passe la tente du ravitaillement ou je croise à nouveau Yoann et Carol-Ann avant de me lancer dans le vif du sujet : neige et chemin pendant 12 km !

Je double, les gens marchent beaucoup, je me demande si j’ai raison de courir, peut être que je devrais marcher moi aussi? Pourquoi je double? Je crois qua ce moment là, l’espace d’un instant je me remet en question, je n’ai pas l’habitude de doubler et ça me fait peur.

Puis je me rappelle que ces gens là, ils ont 16 bornes dans les pattes et n’ont fait qu’un tiers du parcours, il faut qu’ils en gardent sous le coude, pas moi, alors je double un peu honteuse.

J’ai envie de leur dire “les gars rassurez vous je commence à peine et moi dans 10 bornes j’ai finit”

 

Je sais que trop bien ce que c’est que de se faire doubler, ce que c’est de voir quelqu’un de frais passer devant toi quand t’en chie, toutes les pensées qu’on peut avoir et je culpabilise c’est vrai de leur faire ressentir ça, j’ai envie de me justifier.

Dans ma tête je ne pense qu’à une chose “t’as que 12km à faire alors t’endors pas”

Ça monte dans la neige, j’essaye de courir ou de faire de grandes enjambées dans les montées, dans les descentes je devrai envoyer, mais c’est sans compter le verglas, je vois des gens tomber devant moi, je ralentis, je marche dans les pas de ce qui passe avant moi, je ralentis quand je vois que ça swingue, je swingue à mon tour, je me fais des frayeurs, je fais gaffe, pas question de me péter un truc y’a Yoann et Caro qui sont derrière et je ne veux pas gâcher leur course en abandonnant.

Les kilomètres passent, je me sens bien,,je n’ai pas froid, je remercie Alizée de chez Karitraa croisé la veille en allant chercher mon dossard pour le pull et le bandeau en laine mérinos mais surtout les gant-mouflettes, je suis bien, de bonnes sensations, aucunes douleurs, je continue de courir quand je peux, j’échange avec un gars qui galère en monter, je le rassure en lui disant que j’en ai que 12 à faire et que c’est normal si moi je cours, il me souhaite bon courage, et je repars.

Devant moi un mec tombe on est plusieurs à s’arrêter pour l’aider, je retrouve cette idée que je me fais du Trail, l’impression que le temps compte moins que sur route, les gens prennent leur temps pour apprécier et pour s’aider, je trouve ça cool, je crois que j’ai un sourire niais pendant le parcours parce que je trouve tout ça BEAU. La beauté du sport.

Il fait noir, il y a de la neige, du verglas, des montées et des descentes, des gens, je double, on me double, je manque de tomber, j’échange des encouragements, bon et puis ce qui devait arriver, arriva : je me vautre.

Sur le cul, pas de bobo, un gars s’arrête pour voir si ça va, je repars en marchant, c’est trop dangereux pour risquer de moins bien tomber la prochaine fois.
Ce qui est perturbant c’est que je ne sais pas du tout ou j’en suis, on croise des feux de joies avec des gars qui nous encouragent, l’un deux nous crient “plus que 5km” ok je sais enfin où j’en suis.

Je me sens toujours bien, je me dit “meuf 5km c’est ta routine, cours”

Je pense fort à @tresorsetgourmandises ma complice running, “allez Yasmine c’est comme un RunPostWork avec Natacha t’arrête pas”

Je marche peu sur cette partie, il y a bien un mur à un moment, une côte qui pique, je me concentre sur mon souffle, je n’arrête pas de me dire que c’est ma routine, que j’ai de la chance de pas avoir froid.
Et puis dernière ligne droite, on retrouve un bout de bitume, j’arrive dans la tente, je cherche Yoann et Carol-Ann, je m’inquiète de ne pas les voir, finalement au bout de 5 bonnes minutes Yoann arrive, on échange un baiser, il me demande si ça va, je lui dit de faire gaffe au verglas, de pas aller trop vite que c’est dangereux.”

 

 

Tenue officielle de BV SPORT pour cette SAINTELYON 2017 et les chaussettes offertes à tous les coureurs

 

Relais 3 – 22km – Yoann

“5 heures 05, je retrouve Ely à Sainte-Catherine, échange de puce chrono et un bisous.

Et c’est parti, pour un petit kilomètre de plat le seul ou j’ai pu envoyer un peu, car ce qui va suivre relève plus d’une carrière de Surya Bonaly que d’un apprenti traileur.

J’ai réussi à courir malgré la neige, le monde qui marche sur toute la largeur des chemins jusqu’au passage du signal le point culminant du parcours au kilomètre 38.

Et après ça la catastrophe, ce qui devait être de la descente pour gambader jusqu’à mon passage de relais se transforme en sketch, à part quelques parties exploitables, je me retrouve à marcher bien malgré moi, pour plusieurs raisons.

J’ai rattrapé énormément de monde sur la première partie et je me retrouve maintenant dans le ventre moue de la course, qui se retrouve confronté comme moi au verglas de celui qui n’attend qu’une chose de te voir par terre.

Certains passages se font en file indienne chacun son tour avec le ticket comme chez le boucher, tellement impraticable que les fesses par terre restent la meilleure solution.

C’est frustrant et j’ai franchement pas trop apprécié ma partie et en discutant en chemin beaucoup de monde faisant la course complète était du même avis.

Je suis tellement resté sur ma fin que la SaintéLyon risque de me revoir.

J’avais pour idée de terminer le dernier relais avec Caroline, mais j’ai tellement galéré sur ma partie que je me suis contenté de lui passer la puce non sans regret

 

 

 

Relai 4 – 22km – Caroline

 

“Que dire …. Une participation sans réel espoir moi qui ne suis pas chanceuse et grande solitaire « égoïste »« . Etuis l’annonce du résultat. Bingo ! Je suis tirée au sort … Douter d’avoir la capacité  a partager quelque chose avec des inconnus qui plus est. Mais L’excitation est bien plus forte. Aucune pression.

Aucun plan d’entraînement (comme à mon habitude…) Juste l’attente. 1 seule sortie running et quelques sorties ski de rando suffiront pour moi …

Jour J, l’excitation monte encore de + belle jusqu’à ces retrouvailles au café pour se rencontrer pour la première fois, discuter et récupérer le Saint Graal. Pas de pasta party pour moi, ni de repos.. mais un bon Tacos et une montée à Fourvière puis un petit run pour braver le froid sibérien lyonnais.

Excitation ++++++ quand l’heure approche du départ. Je crois que j’aurais pu prendre le départ en même temps que tout le monde ... Impossible de trouver le sommeil.

Nous nous étions fixé une heure de retrouvaille pour passer le relais mais l’excitation m’a fait y aller 2h avant … et le froid aura eu raison de moi.

Je l’attends… Tellement. Tellement. Mes jambes ne tiennent plus.

Ça y est le Voilà qui arrive. Et le jour se lève. Je m’élance doucement (car oui pas d’échauffement).

Les km passent. Le temps aussi. Difficile de courir quand tout le monde marche (ouais je suis fraîche comme la rosée à côté de tous ces courageux à la démarche étrange ..) mais tant pis je double.

Beaucoup de route, quelques sentiers de forêt. Pas de réel dénivelé si ce n’est 1 grosse Bosse. Pas de neige ni de verglas sur ma partie mais un froid tel sur la banquise..  un paysage pas plus fou que ça alors j’en profite pour mater quelques paires de fesses et puis ce panneau indiquant 2km restant. Tout donner.

 

Récupérer les filles et passer la ligne d’arrivée ensemble en 9h57… Pleine de joie et de fierté.

Partager ce défis avec des personnes inconnues quelques heures auparavant. S‘entraider. S’écouter. Se soutenir. Et finir ensemble. Une belle aventure et je remercie chacun d’entre eux pour ce partage.”

 

 

Voila, la SainteLyon vu par une équipe de 4, par différents niveaux, différentes attentes, différents parcours et différents ressentis.

C’est ce que je voulais, un compte rendu authentique, un compte rendu vrai, un compte rendu avec le meilleur et le pire, un compte rendu personnel pour un retour à soi même en pleine nuit un soir de décembre.

Chacun à sa petite idée pour l’année prochaine, il nous reste exactement 335 jours avant de voir si nous pendrons le prochain départ en 2018.

Merci encore à Carol-Ann et Caroline d’être venu jusque Lyon pour partager avec nous 72km de nuit et sous la neige.

Article illustré avec une affiche Races Routes

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